Radio numérique en 2008

« Noël 2008 verra l’avènement de la radio numérique », a promis mercredi 5 décembre Christine Albanel, ministre de la Culture, en signant un arrêté visant à déterminer quelle serait la norme technique retenue pour sa diffusion dans l’Hexagone. La radio numérique devrait permettre de disposer d’une meilleure qualité sonore, ainsi que d’informations contextuelles liées au flux audio : liens, titres des morceaux de musique, images, etc.), et de fonctionnalités de lecture telles que la mise en pause ou l’écoute différée.

C’est le T-DMB, ou Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting, dérivé de la technologie DAB (Digital Audio Broadcasting) qui constituera la norme de diffusion de la radio numérique en France. Soutenue par 98% des acteurs du monde de la radio, cette norme déjà utilisée en Corée du Sud pour la télévision mobile permet de superposer au signal sonore des informations visuelles, voire de la vidéo. La radio numérique devrait cohabiter avec l’analogique pendant quelques années, comme le font actuellement la télévision « traditionnelle » et la TNT.

En théorie, n’importe quel périphérique multimédia pourra se doter de la prise en charge de la radio numérique, via l’adjonction d’une puce dédiée. Le secteur de l’automobile servira sans doute de moteur à l’expansion de la radio numérique mais les téléphones, baladeurs et autres ordinateurs portables devraient également pouvoir en profiter. Un label « Prêt pour la radio numérique » sera mis en place, afin que le consommateur puisse aisément identifier les appareils compatibles.

Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) devrait lancer courant 2008 un appel à candidatures pour l’utilisation des fréquences réservées à la radio numérique. Elle profitera d’une part des bandes III et L, ainsi que des fréquences libérées lors de l’arrêt de la diffusion de Canal+ et d’autres chaînes en analogique, d’ici 2011.

Certaines radios associatives s’inquiètent toutefois du coût que représentera le passage au numérique et des modalités d’attribution des fréquences, particulièrement pour les antennes limitées à un département ou à une région. « Le gouvernement portera donc une attention toute particulière aux acteurs les plus fragiles, notamment les radios associatives, qui ne doivent pas rater ce tournant essentiel, faute de moyens », répond Christine Albanel.

« Noël 2007 sera sans doute celui de la télévision numérique, qui connaît un immense succès auprès de nos concitoyens. Noël 2008 sera celui de la radio numérique, une radio toujours plus proche des Français, toujours plus riche et créative, qui aura mis la technologie au service de sa double ambition : celle d’être un média à la fois populaire et pointu, un média qui rassemble et répond en même temps aux goûts les plus divers, bref, le média de l’information et de la culture pour tous », conclut-elle.

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